Quotidien suisseLundi 19 octobre 2026Édition du matin, internationale
Prochaine publication le 19 octobre 2026 à 13h
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Sahel : à Dakar, la Cédéao et les trois pays de l’AES ouvrent des négociations formelles en vue d’un accord-cadre de coopération
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et la Confédération des États du Sahel (AES), qui réunit le Burkina Faso, le Mali et le Niger, ont tenu samedi 17 octobre à Dakar la première session de leur réunion ministérielle de dialogue, la première rencontre officielle à ce niveau depuis le départ des trois pays du bloc régional en janvier 2025, selon le quotidien nigérian Premium Times. Les deux parties ont convenu de créer des groupes de travail thématiques conjoints chargés de préparer un accord-cadre de coopération, indique leur communiqué conjoint, publié par la Cédéao.
La délégation de la Cédéao était conduite par le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Niang, président du Conseil des ministres de l’organisation ; celle de l’AES par le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, président du comité ministériel de pilotage de la confédération. En lisant le communiqué, ce dernier a indiqué, selon l’agence sénégalaise APS, que les relations entre les deux organisations devront être guidées par « les principes de bon voisinage, de respect de la souveraineté, de la dignité et du bien-être des populations ouest-africaines ». Les deux parties disent vouloir un cadre de coopération « équilibré, réaliste » ; les résultats des groupes de travail seront soumis aux ministres avant la prochaine session, dont la date et le lieu seront fixés par voie diplomatique. La rencontre fait suite à des consultations tenues le 22 mai 2025 à Bamako.
Le texte ne dit pas si un retour des trois pays dans la Cédéao est envisagé, relève Premium Times. Le quotidien rappelle que les groupes armés liés à Al-Qaïda et à l’État islamique continuent de frapper le Mali, le Burkina Faso et le Niger, et menacent de plus en plus le nord du Bénin et du Togo, alors que le retrait du Niger de la Force multinationale mixte, en mars 2025, a affaibli la coopération régionale contre les insurrections. Au Mali, des attaques coordonnées attribuées le 25 avril au JNIM, affilié à Al-Qaïda, et au Front de libération de l’Azawad, mouvement séparatiste, avaient coûté la vie au ministre de la Défense, Sadio Camara, selon le journal.
Albanie : sixième jour d’émeutes à Tirana, Edi Rama refuse de démissionner
La police albanaise a fait usage de canons à eau, de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc dimanche 18 octobre, sixième jour d’un mouvement lancé mardi par des étudiants qui protestent contre l’état des universités, le coût des études et la corruption, et réclament la démission du premier ministre Edi Rama, au pouvoir depuis 2013, rapportent l’AFP, citée par The Hindu, et Al Jazeera. Des centaines de manifestants se sont rassemblés à midi devant le ministère de l’Éducation aux cris de « Rama, démission ». Des vitres du siège du Parti socialiste au pouvoir ont été brisées, un commissariat et l’entrée du ministère de l’Intérieur ont été incendiés. Selon le ministère de la Santé, 28 personnes ont été blessées dimanche, dont 19 policiers, et 272 depuis mardi, dont 169 policiers. Samedi, journée la plus violente, un tribunal, des banques et un bureau de poste avaient été incendiés ou gravement endommagés.
Dans une intervention vidéo de plus d’une heure, Edi Rama a exclu de démissionner et attribué les violences à une « main étrangère », tout en se disant prêt à écouter les revendications « justifiées » des étudiants sur le coût des études, selon Al Jazeera. « Les Albanais doivent réfléchir très clairement : veulent-ils cela, ou veulent-ils l’UE ? », a-t-il lancé, alors que Tirana vise l’adhésion d’ici 2030. Sa visite officielle à Vienne, prévue lundi chez le chancelier Christian Stocker, a été annulée par la partie albanaise, selon le service de presse fédéral autrichien. Un tribunal de Tirana a placé sous surveillance familiale 21 mineurs interpellés lors des manifestations précédentes, rapporte le quotidien albanais Gazeta Tema.
Taïwan : les garde-côtes repoussent seize navires chinois engagés dans une opération coordonnée autour de l’île et de Pratas
Les garde-côtes taïwanais disent avoir repoussé dimanche 18 octobre douze navires chinois, garde-côtes et navires de recherche, accompagnés de quatre bateaux de pêche, lors d’opérations simultanées au large de Hualien, à l’est, au sud de Pingtung, au sud-ouest de Kaohsiung et autour des îles Pratas (Dongsha), selon l’agence taïwanaise CNA. Deux navires de recherche sont entrés dans les eaux restreintes taïwanaises, l’un à l’est de Hualien, l’autre au sud-ouest du cap Eluanbi, où il n’a fait demi-tour qu’après douze avertissements radio. Au sud-ouest de Kaohsiung, un navire de recherche et un chalutier chinois ont gêné un bateau de pêche taïwanais. Autour de Pratas, deux navires des garde-côtes chinois ont fait le tour de l’île avant d’être repoussés hors des eaux restreintes vers midi.
Taipei parle de « guerre hybride » et accuse Pékin de chercher à « modifier unilatéralement le statu quo » dans le détroit et à créer une « fausse impression de juridiction », selon le communiqué des garde-côtes cité par l’AFP. Pékin revendique Taïwan comme Pratas, contrôlée par Taipei. La pression maritime chinoise s’est accrue depuis juin, quand la Chine a lancé des patrouilles « de police » à l’est de l’île : 244 navires de garde-côtes, de recherche et autres ont été recensés autour de l’île principale en juillet, un record, contre 58 en juillet 2025, selon les données officielles taïwanaises. Le 1er octobre, les garde-côtes taïwanais avaient utilisé un canon à eau contre un bateau de pêche de loisir chinois près de Pratas.
Afrique du Sud · Justice · Presse · Afrique australe
Afrique du Sud : des médias saisissent la justice contre le huis clos du procès de l’ancien chef des opérations spéciales du renseignement
Media24, Daily Maverick, amaBhungane et la Campaign for Free Expression ont déposé une requête urgente devant la Haute Cour du Gauteng, à Pretoria, contre l’exclusion totale du public et de la presse du procès de Thulani Dlomo, chef de la direction des opérations spéciales de l’Agence de sécurité de l’État (SSA) de 2012 à 2017, et de Patrick Mshothola, ancien enquêteur de cette direction, rapporte le Daily Maverick. Les deux hommes sont jugés pour le détournement présumé de 12 millions de rands de fonds de la SSA. Une ordonnance du 14 octobre restreint l’accès à certaines preuves ; selon les requérants, elle a été appliquée comme une interdiction générale, et trois jours d’audience se seraient déjà tenus dans le secret complet. Vendredi 16 octobre, le journaliste de News24 Kyle Cowan s’est vu refuser l’entrée de la salle.
Les médias demandent que l’audience publique redevienne la règle et que toute restriction pour raison de sécurité nationale fasse l’objet d’une demande précise, preuve par preuve, à laquelle ils puissent répondre ; les témoins protégés de la SSA pourraient déposer sous pseudonyme ou derrière un écran. « Le fait qu’une preuve soit marquée confidentielle ne constitue pas une base suffisante pour l’exclure du dossier public », écrit leur avocat, Charl du Plessis. L’ordonnance a été rendue sans que la presse soit avertie, et l’État a refusé de communiquer la requête qui l’a motivée, invoquant des « informations classifiées ». Le tribunal ne s’est pas encore prononcé ; les accusés sont présumés innocents.
Kenya : un huitième cas d’Ebola, contaminé par le premier patient
Le Kenya a confirmé dimanche 18 octobre un huitième cas de maladie à virus Bundibugyo, une souche d’Ebola sans vaccin homologué ni traitement spécifique. Le patient, un homme de 49 ans chargé de la vaisselle et du linge, déjà en quarantaine, a probablement été contaminé par le premier cas, un Kényan arrivé de RD Congo par l’Ouganda et mort le 5 octobre à Nairobi, a déclaré le directeur général de la Santé, Patrick Amoth. Sur 130 contacts identifiés, 128 sont en quarantaine. La RD Congo a annoncé le même jour que l’épidémie avait atteint une huitième province, le Nord-Ubangi.
Inde : un camion fauche des fidèles devant un temple près de Gwalior, au moins 15 morts
Un camion chargé de riz paddy, dont les freins auraient lâché dans une descente selon son chauffeur, a enfoncé cinq barrières avant de faucher des fidèles qui attendaient devant le temple de Sheetla Mata, près de Gwalior (Madhya Pradesh), dimanche 18 octobre vers 1 h 30 heure locale, faisant au moins 15 morts et plus de 40 blessés, selon The Hindu. Le chauffeur et le propriétaire du véhicule ont été arrêtés. Le ministre en chef, Mohan Yadav, a suspendu huit policiers et muté un responsable de la police pour négligence présumée ; une enquête administrative est ouverte.