Une · Confédération
Bilatérales III : l’APK-S dit clairement oui, 9 voix contre 3
La commission de politique extérieure du Conseil des États a approuvé vendredi le paquet d’accords Suisse–UE par 9 voix contre 3 et une abstention. Le débat en plénum est prévu à la session d’automne ; la « taxe d’immigration » et le type de référendum restent ouverts.
Après six mois d’examen détaillé, une nette majorité de l’APK-S soutient la « stabilisation » des relations avec l’UE, selon le communiqué des services du Parlement (Keystone-ATS / RTS / SRF). Les voix opposées viennent probablement de l’UDC, seul parti clairement contre l’ensemble du projet. Le reste de l’échiquier soutient la voie bilatérale, malgré des désaccords sur le détail.
Les sénateurs traiteront d’abord le volet stabilisation, puis les nouveaux accords sur la sécurité alimentaire et la santé. L’accord sur l’électricité n’est pas encore prêt ; son débat a été reporté à cet hiver. Trois jours de plénum sont prévus à la session d’automne sur le paquet conclu avec Bruxelles.
Plusieurs points sensibles resteront au centre des débats : reprise dynamique du droit européen, protection des salaires (dont la « mesure 14 » syndicale rejetée par la commission de l’économie) et clause de sauvegarde en cas d’immigration jugée excessive. Sur la « taxe d’immigration » — idée d’abord portée par des sénateurs PLR, visant surtout les employeurs, avec redistribution à la population — l’APK-S n’a donné qu’un oui de justesse (5 voix contre 3 et 5 abstentions).
Autre ligne de fracture : le type de référendum. Le Conseil fédéral défend le référendum facultatif (majorité populaire simple), comme pour les Bilatérales I et II. Une initiative de la CIP-E vise au contraire un ancrage constitutionnel qui imposerait le référendum obligatoire à double majorité peuple–cantons. Les débats en commission et en plénum sur ce point n’ont pas encore tranché le fond.
Sources : RTS, 4.09.2026 · SRF / Keystone-SDA, 4.09.2026 · Services du Parlement (communiqué APK-S)
Confédération
Watteville : poste, défense et canicule au menu avec les partis
Vendredi, l’ensemble du Conseil fédéral a reçu les responsables des partis gouvernementaux pour les troisièmes entretiens de Watteville de l’année. Trois dossiers ont dominé : la révision de la législation postale, les Lignes directrices en matière de défense, et les mesures liées à la canicule et à la sécheresse de l’été (Chancellerie fédérale / DFF).
Sur la poste, Berne veut moderniser le service universel : adapter l’offre aux besoins, préciser la mission de La Poste et contrôler les acquisitions de participations (consultation ouverte fin juin jusqu’au 15 octobre). Côté défense, le gouvernement insiste sur la dissuasion face aux menaces hybrides et à distance ; l’armée, aujourd’hui surtout tournée vers l’instruction, aurait besoin d’une nouvelle orientation du concept d’engagement, d’adaptations organisationnelles et d’une planification d’armement.
À court terme, après les décisions du 26 août, le Conseil fédéral propose +17,5 millions pour l’adaptation des forêts au climat et +54 millions (dotation unique) d’aide aux exploitations paysannes. Réévaluation d’ici fin octobre ; un plan d’action canicule / agriculture résiliente est annoncé pour l’automne.
Sources : Conseil fédéral / DFF, 4.09.2026 · Consultation législation postale (admin.ch, 24.06.2026)
Économie
Mercosur : l’APK-S propose 517 millions pour convaincre l’agriculture
Après le refus du National en juin (où une minorité réclamait jusqu’à 880 millions de mesures d’accompagnement), la commission de politique extérieure du Conseil des États tente un compromis : 517 millions supplémentaires pour 2028–2033 afin d’améliorer la compétitivité des exploitations, adopté par 9 voix contre 4 (Keystone-ATS / watson).
Répartition prévue : 480 millions en crédits d’investissement, 37 millions pour la promotion des ventes (dont une part à l’export agricole). Les contributions à l’amélioration des structures devraient au moins rester au niveau du budget 2026. Le Conseil fédéral voulait, lui, une hausse bien plus faible des aides.
La même commission a refusé (9–4) d’interdire l’importation de biens issus du travail forcé et de reprendre le règlement européen anti-déforestation (EUDR). Les Verts et l’Alliance contre la déforestation menacent le référendum si le Parlement n’ajoute pas de garde-fous environnementaux et sociaux. Prochaine étape : le Conseil des États à la session d’automne, puis retour au National.
Sources : watson / Keystone-SDA, 4.09.2026 · Services du Parlement (APK-S)
Partis
Le Centre vise un deuxième siège au Conseil fédéral en 2027
Réunis samedi en assemblée des délégués dans le canton de Fribourg, les Centristes ont lancé leur campagne pour les élections fédérales de 2027. Le président Philipp Matthias Bregy a fixé l’objectif : devenir « assez fort par [leurs] propres moyens » pour que la revendication d’un second siège gouvernemental « aille de soi » (swissinfo / Keystone-ATS).
Le parti entend se démarquer sans copier d’autres formations, et ne « pas laisser » sécurité, migration, pouvoir d’achat, santé ou équité intergénérationnelle aux extrêmes. Bregy appelle à une posture plus proactive, au centre de l’échiquier. Le Centre dispose aujourd’hui d’un siège au Conseil fédéral ; un gain de sièges au Parlement à l’automne 2027 serait le levier politique de cette ambition.
Sources : swissinfo / Keystone-ATS, 5.09.2026
Brèves
Cressier à l’arrêt : l’approvisionnement pétrolier reste assuré
La raffinerie de Cressier (NE), qui couvre un peu plus de 30 % des besoins suisses, a suspendu sa production pour un problème technique et devrait rester hors service la semaine prochaine. L’Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays (OFAE) indique que l’essence, le diesel et les autres produits restent disponibles ; le niveau bas du Rhin tend déjà le marché depuis des semaines. Les réserves obligatoires couvrent en principe environ quatre mois et demi de consommation moyenne.
Source : OFAE / SECO, 4.09.2026
Ultranationalistes israéliens : Berne refuse sanctions et interdiction
Le Conseil fédéral propose au Parlement de rejeter deux motions des Vert·e·s : l’une visant à qualifier la mouvance ultranationaliste israélienne d’organisation criminelle et à l’interdire en Suisse (Raphaël Mahaim), l’autre demandant interdiction de territoire et sanctions contre des ministres israéliens. Le gouvernement estime que le cadre actuel suffit, selon Le Courrier.
Source : Le Courrier, 4.09.2026