Quotidien suisseDimanche 6 septembre 2026Édition du soir, Suisse
Prochaine publication le 7 septembre 2026 à 8h
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Neutralité : le 27 septembre, une neutralité « perpétuelle et armée » dans la Constitution ?
Les citoyennes et citoyens votent le 27 septembre sur l’initiative populaire « Sauvegarder la neutralité suisse ». Le texte, porté par Pro Suisse avec l’appui officiel de l’UDC, veut durcir la pratique actuelle ; Conseil fédéral et Parlement recommandent le non.
Selon le dossier officiel de la Chancellerie fédérale, l’initiative exige d’inscrire dans la Constitution une neutralité perpétuelle et armée. La Suisse ne devrait adhérer à aucune alliance militaire ou défensive, ni coopérer avec une telle alliance — sauf en cas d’attaque militaire contre le pays ou d’actes préparatoires. Elle ne devrait pas non plus participer à des conflits entre États tiers ni prendre de sanctions contre un État belligérant, hors sanctions de l’ONU et mesures anti-contournement. La médiation et les bons offices restent un objectif explicite du texte.
Le Conseil fédéral et le Parlement jugent que la neutralité pratiquée depuis 1848 a fait ses preuves et laisse la marge nécessaire pour défendre les intérêts du pays. L’initiative, estiment-ils, limiterait cette marge — notamment la reprise de sanctions, comme après l’invasion russe de l’Ukraine. Le comité d’initiative (Pro Suisse, avec l’empreinte de Christoph Blocher) répond que seule une neutralité « armée et totale » protège le pays des pressions extérieures.
Le clivage n’est pas un simple gauche–droite : l’UDC dit officiellement oui (avec des sceptiques internes) ; une partie de la gauche radicale aussi. PLR, Centre, Vert·e·s, Vert’libéraux et PS sont dans le camp du non, avec le gouvernement. Le premier sondage SSR (gfs.bern, août) donnait 54 % de non contre 42 % de oui, avec une opinion déjà très formée.
PA30+ : 13,8 milliards pour 2030–2033, soit 123 millions de moins
Le 2 septembre, le Conseil fédéral a ouvert la consultation sur la Politique agricole à partir de 2030 (PA30+). Il demande au Parlement d’affecter 13 808 millions de francs aux plafonds des dépenses agricoles pour 2030–2033 — 123 millions de moins que l’enveloppe 2026–2029, mais 80 millions de plus qu’une simple reconduction nominale du plan financier 2030 (admin.ch / RTS).
Berne veut accroître la sécurité alimentaire, élargir la marge entrepreneuriale des exploitations et responsabiliser davantage transformateurs, commerce de détail et consommateurs sur la durabilité. La consultation dure jusqu’au 8 décembre 2026 ; le Parlement devrait traiter le dossier en 2028.
L’Union suisse des paysans dénonce un « programme d’austérité ». L’Association des petits paysans estime qu’environ 2 116 petites exploitations de plaine pourraient perdre l’accès aux paiements directs dès 2033. L’UDC critique aussi la baisse d’enveloppe et une « écologisation » jugée insuffisante pour l’agriculture de production.
Conseil de banque : Ammann à la présidence, Mächler vice-président
Lors de sa séance du 2 septembre, le Conseil fédéral a nommé Christoph Ammann président du conseil de banque de la Banque nationale suisse. L’actuel vice-président (PS, ex-directeur de l’économie du canton de Berne) prendra ses fonctions le 1er mai 2027, succédant à Barbara Janom Steiner, dont le mandat maximal s’achève fin avril 2027 (DFF / admin.ch).
Marc Mächler, conseiller d’État PLR et directeur des finances du canton de Saint-Gall, entre au conseil et reprend la vice-présidence. Économiste formé, il a travaillé vingt ans chez UBS avant son élection au gouvernement saint-gallois en 2016.
Le conseil de banque compte onze membres nommés pour quatre ans (plafond de douze ans au total) : six par le Conseil fédéral, cinq par l’assemblée générale. Les nominations s’appliquent pour le reste de la période administrative 2024–2028.
Rentrée : encore des centaines d’étudiants sans logement à Genève et Lausanne
À une semaine de la rentrée universitaire, la pénurie de chambres reste aiguë sur l’arc lémanique, rapporte Le Matin Dimanche (repris par 20 minutes dimanche 6 septembre). À Genève, le bureau des logements de l’Université gère environ 800 biens ; plus de mille inscriptions cette année, et 567 personnes restent sur liste d’attente. À Lausanne, la Fondation Maisons pour Étudiants enregistrait au 1er septembre 1 872 demandes insatisfaites, sur 3 000 à 4 000 sollicitations pour la rentrée.
Sur le marché privé, les prix montent. Via la plateforme commune UNIL–EPFL, une chambre chez l’habitant passe d’environ 700–750 francs à 800 francs par mois. Des étudiantes témoignent de files de vingt personnes pour un mini-appartement, avec des budgets poussés jusqu’à 1 500 francs sans succès.
Genève : contraception gratuite pour toutes et tous le 27 septembre
Les Genevoises et Genevois votent le 27 septembre sur une initiative du PS visant la prise en charge cantonale de toutes les méthodes contraceptives, sans limite d’âge (hors IVG). Coût estimé : environ 20 millions par an. Droite (sauf le Centre) et Conseil d’État appellent au non. Un contre-projet limité aux préservatifs a été rejeté par erreur au Grand Conseil : ce sera tout ou rien dans les urnes. À Neuchâtel, une motion pour les moins de 30 ans a été acceptée en octobre 2025.
Zurich : six membres de Junge Tat jugés pour actions anti-LGBT
Vendredi, six membres du groupuscule d’extrême droite Junge Tat ont comparu devant le tribunal de district de Zurich. Les leaders Tobias Lingg et Manuel Corchia risquent jusqu’à quinze mois de prison, dont six ferme. Faits de 2022 : interruption d’une lecture pour enfants animée par des drag queens et perturbation du service religieux de la Pride. Les prévenus ont refusé de répondre au juge. Environ 150 contre-manifestants devant le tribunal.
Maladies rares : base légale puis registre, en deux phases
Le Conseil fédéral (2 septembre) veut améliorer la prise en charge des plus de 500 000 personnes vivant avec une maladie rare. Phase 1 : base légale pour un soutien financier fédéral aux structures spécialisées et à l’information. Phase 2 : projet de loi pour un registre national, coordonné avec d’autres chantiers numériques de santé.