Quotidien suisseMardi 8 septembre 2026Édition de 13h, technologie
Prochaine publication le 8 septembre 2026 à 17h
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Pia : le Parlement lance son assistante IA hébergée en Suisse
Les Services du Parlement ouvrent à l’automne 2026 un pilote d’environ un an pour « Pia » (Parlamenti Intelligentia Artificialis), outil destiné aux cas où la sécurité et la souveraineté des données priment. Budget maximal : 150 000 francs, tirés du budget informatique existant. Exploitation et stockage : Swisscom, exclusivement en Suisse.
La Délégation administrative de l’Assemblée fédérale a validé le dispositif. Peuvent l’utiliser les parlementaires, leurs collaborateurs personnels, les collaborateurs des groupes et le personnel des Services du Parlement — en complément des outils d’IA déjà en circulation, pas en remplacement. Les données saisies dans Pia ne servent pas à entraîner des modèles.
Côté technique, les utilisateurs choisissent parmi des modèles open-weight publics ; d’autres seront ajoutés au fil de l’eau. Les modèles disponibles conviennent surtout au traitement de documents de commissions jusqu’à la classification « INTERNE ». Pas de recherche web approfondie ni de consultation de données fraîches pendant le pilote : l’évaluation portera sur l’usage réel, les cas d’emploi utiles et l’évolution du marché. Une suite pérenne passerait par un appel d’offres.
Un aide-mémoire sur l’usage responsable de l’IA a été approuvé en parallèle ; des spécialistes seront disponibles pendant la session d’automne. L’angle éditorial : un bac à sable souverain pour documents sensibles, pas un chatbot généraliste — la contrainte d’hébergement suisse et le plafond de classification définissent le produit autant que le modèle choisi.
ChatGPT Business : résidence des données en Europe pour les PME
OpenAI étend la résidence des données à ChatGPT Business : à la création d’un nouvel espace de travail, les clients peuvent choisir l’Europe (ou les États-Unis) comme région de stockage au repos du contenu client. Jusqu’ici, l’option ciblait surtout Enterprise, Edu et une partie de l’API. Objectif affiché : lever un frein de localisation / conformité pour les PME.
Limites à lire attentivement. Les données de sécurité et de surveillance des abus restent aux États-Unis ; pour les espaces hors US, une copie temporaire des prompts et réponses y est aussi conservée à ces fins. L’option ne s’active pas sur un workspace Business déjà créé — il faut en ouvrir un nouveau (migration depuis un espace privé possible). OpenAI affirme que 63 % des workspaces Enterprise dans l’UE utilisent déjà la résidence.
Sources : ICTjournal, 8.09.2026 · OpenAI for Business (annonce résidence Business EU/US)
Noyau · Linux
Linux 7.3-rc2 : un « full fat » après la fenêtre de merge
Linus Torvalds a publié Linux 7.3-rc2 le 6 septembre 2026. Habituellement calme, ce deuxième candidat est dense : correctifs filesystems, drm, networking/BPF, pilotes, plus environ 20 % du diff côté tooling (sched_ext, selftests). Phoronix relève aussi des correctifs Cache Aware Scheduling sur CPU hybrides, la poursuite du passage à kmalloc_obj(), des fixes Nouveau/Blackwell, et le défaut RandStruct désactivé si un toolchain Rust est présent.
Torvalds décrit un rc « full fat » sans cause unique — pas seulement le pull EDAC oublié en fenêtre de merge. Greg Kroah-Hartman avait déjà prévenu d’un cycle 7.3 « rough » sous le volume de contributions assistées par LLM. Cible stable : seconde moitié d’octobre.
RandStruct contre Rust : quand le layout aléatoire casse le FFI
Dans le cycle Linux 7.3, le défaut de RANDSTRUCT_FULL bascule : si un toolchain Rust utilisable est détecté, la randomisation complète des structures sensibles est désactivée par défaut. Pas un scoop marketing — un conflit de contrats d’ABI entre C durci et bindings Rust.
Ce que fait RandStruct. Hérité de grsecurity/PaX, le plugin (historiquement GCC) permuté à la compilation l’ordre des champs de structures C marquées sensibles (crédentials, ops tables, etc.). Un exploit qui suppose cred->uid à un offset fixe se trompe de case. C’est de la défense en profondeur probabiliste : ça ne corrige pas le bug, ça casse une classe de gadgets d’exploitation. Kees Cook et le Kernel Self-Protection Project en ont fait un pilier Kconfig.
Pourquoi Rust refuse le contrat.bindgen lit les en-têtes C et génère des #[repr(C)] dont la taille et les offsets doivent coller exactement au binaire C. Si le C a été compilé avec un layout randomisé que le côté Rust ne rejoue pas à l’identique, chaque accès croisé (appel d’une ops table, partage d’une struct entre module Rust et cœur C) est du undefined behavior silencieux — pire qu’un crash. Les dépendances Kconfig empêchaient donc Rust dès que RandStruct était actif. Conséquence collatérale : allmodconfig, build de couverture standard, ne pouvait plus activer Rust.
Le patch de Mark Brown. Dans security/Kconfig.hardening, le défaut de RandStruct full se désactive quand Rust est disponible sur l’arch. Brown assume le cas où les deux restent off : mieux vaut un allmodconfig qui compile Rust que de perdre la couverture. Les dépendances circulaires empêchent pour l’instant une solution Kconfig « propre ». Des pistes existent : support Clang native RANDSTRUCT visible par libclang (RFC Miguel Ojeda, 2025 — bindings alignés, KUnit OK, perf null-block sans écart significatif sur ~120 workloads), ou proc-macros / crates qui rejouent le shuffle côté Rust. Le plugin GCC historique reste le trou.
Leçon Atelier. Deux mécanismes de sécurité peuvent être individuellement corrects et mutuellement exclusifs s’ils ne partagent pas le même contrat de layout. RandStruct protège en rendant l’ABI imprévisible ; le FFI Rust exige une ABI déterministe et partagée. Tant que le générateur de bindings et le compilateur C ne consomment pas la même table de randomisation, l’un des deux doit céder. En userspace, le même motif apparaît dès qu’on mélange structures packed/randomisées, protobuf généré, et bindings manuels — le bug n’est pas « Rust vs sécurité », c’est « deux vues divergentes de la même mémoire ». En attendant une intégration complète, les distros qui tiennent à RandStruct devront le forcer explicitement (et accepter de perdre Rust) ou l’inverse : le nouveau défaut documente seulement le consensus actuel du tree.
L’entreprise suisse abandonne les programmes de bug bounty autonomes au profit de tests continus mêlant chercheurs externes, spécialistes internes et IA (Cyber Resilience Shield). Entité juridique et contrats inchangés ; 12 MCHF levés au printemps pour l’expansion.
Depuis le 4 septembre, le modèle OpenAI GPT-6 Astra (tâches agentiques long horizon) est en GA dans Copilot (VS Code, CLI, coding agent, Mobile, JetBrains, etc.) pour Pro+, Max, Business et Enterprise, sous facturation usage. Rollout progressif ; les admins Business/Enterprise pilotent l’accès via la politique modèles.
Le CSEM (Neuchâtel) et Miromico (Zurich) présentent un nœud radio qui infère localement (puce Fibonacci, ONNX) audio/mouvement/image et ne radio-émet que les événements jugés pertinents — ciblage maintenance prédictive hors alimentation câblée. Commercialisation non datée.