Une · Golfe · Jordanie
Cinq pétroliers iraniens détruits ; Amman intercepte 18 missiles visant Al-Azraq
Dans la nuit de mardi à mercredi, les États-Unis ont frappé cinq pétroliers liés aux Gardiens de la Révolution. Téhéran a riposté contre la base américaine d’Al-Azraq en Jordanie. L’armée jordanienne confirme l’interception de 18 des 20 missiles balistiques tirés depuis l’Iran. Le Brent frôle 100 dollars.
Le Centcom a annoncé avoir détruit quatre pétroliers dans le golfe d’Oman (M/T Kaviz, Charminar, Horizon 1 et Riesco) et un cinquième près de l’île de Kharg (M/T Derya), après deux tentatives iraniennes contre un navire de guerre américain. Les équipages auraient été sommés d’évacuer avant les tirs. L’IRIB et l’IRGC ont confirmé les frappes près de Kharg et de Jask ; l’IRGC affirme aussi avoir endommagé des destroyers et des tankers américains ou liés aux États-Unis — sans confirmation indépendante immédiate.
Selon l’agence officielle jordanienne Petra, les forces armées jordaniennes ont engagé vingt missiles balistiques provenant du territoire iranien : dix-huit ont été détruits en vol, deux sont tombés en zones non peuplées, sans victimes. Des équipes spécialisées sécurisent les débris. Les Gardiens, cités par Irna, disent avoir « puni l’agresseur » en visant hangars et abris d’avions de combat à Al-Azraq, à environ 100 km à l’est d’Amman. Le chef d’état-major iranien Ali Abdollahi avait prévenu que toute attaque contre des pétroliers iraniens entraînerait des frappes sur des bases américaines dans la région.
Six mois après le déclenchement de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, Hormuz reste fermé au trafic commercial libre et Washington applique un blocus des ports iraniens. En Asie, le Brent évoluait mercredi matin autour de 99,4–99,5 dollars. Le ministère iranien des Affaires étrangères a qualifié les frappes américaines de « crime de guerre » ; le secrétaire d’État Marco Rubio a déclaré à Bogotá que chaque tentative contre un navire américain coûterait des tankers à Téhéran.
Sources : Petra / Forces armées jordaniennes, 9.09.2026 · Al Jazeera / Centcom, 9.09.2026 · BBC, 9.09.2026 · France 24 / AFP, 9.09.2026
Arabie saoudite · Yémen
Houthis : 73 blessés et incendies dans quatre villes du sud saoudien
Mardi, des drones et missiles houthis ont frappé des sites civils et énergétiques à Abha, Khamis Mushait, Jazan et Najran, selon le porte-parole de la coalition saoudienne, le général Turki al-Maliki. Bilan annoncé : 73 blessés, dont des femmes et des enfants. Le ministère de l’Énergie saoudien a confirmé des incendies et un arrêt temporaire d’opérations sur plusieurs installations.
Le porte-parole houthi Yahya Saree a revendiqué une opération large visant notamment des actifs Aramco et la base aérienne King Khalid, en réponse à des frappes saoudiennes au Yémen. Des images satellite NASA ont montré d’épais panaches de fumée au-dessus de la raffinerie de Jazan. L’attaque s’inscrit dans l’élargissement régional du conflit iranien et ravive la pression sur l’offre pétrolière au-delà du verrouillage d’Hormuz.
Sources : Al Jazeera, 8.09.2026 · CNA / Reuters, 9.09.2026 · The National, 8.09.2026
Asie · Mer de Chine
Manille confirme une interception chinoise au-dessus de Scarborough
Les Forces armées philippines ont confirmé mardi qu’un chasseur J-10 de l’armée de l’air chinoise a intercepté, le 2 septembre, un vol philippin de surveillance maritime (MDA) au-dessus du banc de Scarborough (Panatag / Bajo de Masinloc). Le porte-parole AFP pour la mer de Chine occidentale, le contre-amiral à la retraite Roy Vincent Trinidad, évoque des actes « coercitifs et agressifs » visant à affaiblir la résolution de Manille ; dans un cas, les viseurs du chasseur auraient ciblé l’appareil philippin, images diffusées dans la presse chinoise.
À Séoul, le ministre de la Défense Gilbert Teodoro Jr. a vivement répondu à une note chinoise glissée pendant le Seoul Defense Dialogue, critiquant le refus de Pékin de reconnaître la sentence arbitrale de 2016. Manille affirme poursuivre les patrouilles et la coopération avec alliés et partenaires (États-Unis, Japon, Australie, Canada).
Source : The Philippine Star, 9.09.2026
Brésil · Institutions
Crise au STF : Mendonça suspend le chef de la police fédérale
Le juge André Mendonça a ordonné mardi la suspension préventive du directeur général de la police fédérale, Andrei Rodrigues, et du chef du renseignement Leandro Almada, estimant illégales des notes de renseignement liées au conflit l’opposant au juge Alexandre de Moraes. Une majorité d’une formation de cinq juges a suivi Mendonça ; le gouvernement Lula a fait appel auprès du président du STF, Edson Fachin, arguant d’une atteinte aux prérogatives présidentielles.
L’épisode s’ajoute à une guerre ouverte au sein de la Cour suprême, à un mois de la présidentielle : Moraes est au cœur des poursuites contre Jair Bolsonaro ; l’opposition cherche à lier Lula à Moraes tandis que Flávio Bolsonaro et Lula restent au coude-à-coude dans les sondages. Le ministre des Relations institutionnelles José Guimarães a dénoncé une mesure à odeur électorale.
Source : Reuters, 8.09.2026
Brèves
Ukraine : frappes sur Kyiv dès la fin de la pause liée aux émissaires US
Des missiles et drones russes ont frappé la capitale ukrainienne dans la nuit, tuant au moins deux personnes, après la pause ordonnée pendant la visite des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner. Aucune percée de paix immédiate ; des alliés européens voient le conflit se prolonger en 2027.
Sources : Manila Times / AFP, 9.09.2026 · Straits Times, 8–9.09.2026
Cuba : Díaz-Canel refuse toute « colonie » après une carte Trump
Après la publication par Donald Trump d’une carte couvrant Cuba (et d’autres territoires) du drapeau américain, Miguel Díaz-Canel a écrit que Cuba ne redeviendrait « jamais » colonie ni néocolonie. Le ministre Bruno Rodríguez a ironisé sur une « désorientation géographique » ; La Havane cite un coût record de l’embargo (8,08 milliards de dollars sur douze mois).
Sources : Anadolu Agency, 9.09.2026 · Le Figaro, 9.09.2026
Kenya : amnistie temporaire après l’exode vers l’ambassade burundaise
Après le crackdown sur les petits commerces tenus par des étrangers, Nairobi offre une période d’enregistrement aux migrants est-africains sans papiers, présumés légalement présents le temps de la procédure, et ordonne de cesser harcèlements. Des files s’étaient formées lundi devant l’ambassade du Burundi.
Source : Al Jazeera, 8.09.2026