Quotidien suisseLundi 28 septembre 2026Édition du soir, Suisse
Prochaine publication le 29 septembre 2026 à 8h
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Bilatérales III : le Conseil des États ouvre le débat-marathon
Lundi à 14h15, les sénateurs entament trois jours de débats — dont une séance « open end » — sur le paquet d’accords Suisse-UE. Fait rarissime : Ignazio Cassis, Guy Parmelin et Beat Jans sont présents ensemble sous la Coupole. C’est le premier examen en plénum du dossier transmis au Parlement en mars.
Après l’abandon de l’accord-cadre en 2021, le Conseil fédéral mise sur un paquet sectoriel pour moderniser la voie bilatérale. Négocié avec Bruxelles de mars à décembre 2024, il compte 94 actes de l’UE, 18 accords et protocoles ainsi que deux déclarations communes ; la majeure partie a été signée le 2 mars 2026 par le président de la Confédération Guy Parmelin et Ursula von der Leyen. La commission de politique extérieure du Conseil des États l’avait approuvé par 9 voix contre 3.
Les points chauds : type de référendum (majorité simple ou double majorité peuple-cantons), protection des salaires, taxe d’immigration et aides d’État. Seule l’UDC s’oppose frontalement au paquet et dénonce un traitement « à la va-vite ». Un à quatre référendums sont attendus ; les votations populaires pourraient intervenir en 2027 ou 2028. Le débat parlementaire ne devrait pas se clore avant le début 2027.
Caritas : 360 000 travailleurs pauvres, record depuis 2014
Caritas Suisse alerte lundi : 360 000 personnes — 8,8 % de la population active — travaillent sans pouvoir subvenir aux besoins de leur ménage, un niveau jamais atteint depuis la nouvelle méthode de mesure de 2014. En incluant les proches du foyer, plus de 820 000 personnes sont touchées par la pauvreté laborieuse.
Le manque de formation postobligatoire est un facteur de risque majeur, souligne Pierre-Alain Praz (Caritas Vaud). L’organisation propose un salaire minimum légal et des prestations complémentaires familiales. « La grande majorité des gens veulent travailler et subvenir eux-mêmes à leurs besoins. Il suffirait de peu pour les soutenir », déclare Aline Masé.
Séismes : seuls 21 % des biens immobiliers couverts
Un séisme de magnitude 6 survient en moyenne tous les 50 à 150 ans en Suisse ; un scénario type Bâle 1356 (magnitude estimée 6,6) causerait aujourd’hui plus de 45 milliards de francs de dégâts aux bâtiments. Or, selon l’Association suisse d’assurances (ASA), seuls environ 21 % des biens immobiliers disposent d’une couverture sismique.
La part assurée a plus que doublé depuis 2014 et dépasse 50 % en Valais — région au plus fort aléa, suivie de Bâle et des Grisons. Le Parlement cherche encore le mécanisme de financement d’un éventuel sinistre majeur. Le dernier séisme destructeur en Suisse remonte à 1946, en Valais.
Les libéraux-radicaux ouvrent lundi à Berne leur campagne contre le relèvement de 0,4 point du taux normal de TVA (à 8,5 %), validé par le Parlement pour financer la 13e rente AVS et soumis au peuple le 29 novembre. Le parti dénonce un coup au pouvoir d’achat et aux PME, déjà confrontés aux primes maladie et aux loyers.
Il cite une étude BAK Economics estimant une perte de croissance de 3,6 milliards de francs sur dix ans. « C’est à l’État de se serrer la ceinture, pas à la population », affirme le PLR, qui appelle à des réformes structurelles plutôt qu’à une nouvelle taxe.
SSR : cyberattaque, données de 340 collaborateurs SRF
La SSR annonce lundi le vol de données de contact et d’organisation d’environ 340 collaborateurs actuels et anciens de la SRF (datant de 2020) : noms, fonctions, coordonnées professionnelles et, pour une partie, privées. Aucun mot de passe, donnée bancaire ni source journalistique n’apparaît compromis. Accès désactivés, plainte pénale déposée.
Sur un grand chantier CFF, des entreprises mandatées ont fait appel à une société de pose de rails aux antécédents douteux, rapportent les titres CH Media. Implenia indique n’avoir aucune preuve solide de violation légale ou contractuelle ; les CFF et le DETEC rappellent les exigences d’appel d’offres. Présomption d’innocence ; une condamnation définitive serait requise pour une intervention fédérale.
Au lendemain du rejet à 70,2 % de l’initiative « Sauvegarder la neutralité suisse », l’ancien conseiller fédéral Joseph Deiss estime que le scrutin préserve la liberté d’action en politique extérieure et de sécurité. Il appelle Berne à condamner plus fermement les violations du droit international.