Quotidien suisseMercredi 7 octobre 2026Édition du matin, internationale
Prochaine publication le 7 octobre 2026 à 13h
Une · Kenya · Santé · Afrique de l’Est
Ebola : le Kenya enregistre son premier cas, un ressortissant mort à Nairobi après son retour de RDC
Le Kenya a confirmé mardi 6 octobre son tout premier cas d’Ebola. Le patient, un Kenyan qui vivait depuis sept ans en République démocratique du Congo (RDC), est mort lundi soir à l’hôpital de Nairobi, trois jours après son arrivée par avion. Il était porteur de la souche Bundibugyo, contre laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique.
Selon le communiqué du ministère de la Santé, lu par le ministre Aden Duale à Afya House et repris par NTV et The Star, l’homme était tombé malade environ un mois plus tôt et avait été soigné dans plusieurs hôpitaux en RDC. Il a gagné Kampala par la route, puis a pris le vol Jambojet 8523, qui s’est posé à l’aéroport Jomo-Kenyatta de Nairobi samedi 3 octobre à 13 h 10. Il a passé le contrôle sanitaire ordinaire à l’arrivée. Un proche et un ami l’ont ensuite conduit en voiture à l’hôpital de Nairobi, où il a été isolé. Il présentait de la fièvre, une grande fatigue, des douleurs musculaires et des saignements sous la peau aux points d’injection. Les prélèvements se sont révélés positifs au Laboratoire national de référence en virologie et à l’Institut kényan de recherche médicale (Kemri). Il est mort lundi vers 23 h 30 et devait être inhumé mardi selon le protocole d’« enterrement sûr et digne ».
Selon The Guardian, Aden Duale a indiqué que 28 contacts du défunt, dont des proches et des soignants, avaient été identifiés, sans autre test positif à ce stade. Les autorités recherchent aussi 23 passagers et quatre membres d’équipage du même vol. Le Daily Nation relève que le ministère se disait en alerte depuis mai, avec un dispositif de dépistage renforcé aux aéroports et aux frontières annoncé en juin, mais que le malade a franchi le principal aéroport du pays alors qu’il était déjà gravement atteint. L’hôpital de Nairobi a confirmé le décès dans un communiqué, selon People Daily.
L’épidémie, la 17e en RDC, a été déclarée en mai dans la province de l’Ituri. Elle touche désormais sept provinces du nord et de l’est du pays. Au 2 octobre, elle avait fait 4082 morts sur 8463 cas confirmés, selon The Guardian. Médecins sans frontières a signalé lundi une « hausse alarmante » des cas au Nord-Kivu, qui concentre 40 % des nouvelles infections. L’Ouganda voisin avait recensé 20 cas et deux décès avant d’être déclaré exempt d’Ebola en août.
La libreta, carnet de rationnement instauré en 1963, s’éteint sans annonce officielle
Le réseau des bodegas, ces épiceries d’État où les Cubains achètent depuis plus de soixante ans des denrées subventionnées avec la libreta de abastecimiento, est en cours de démantèlement. Une équipe de l’AFP, dont la dépêche a été reprise par France 24 et la Folha de S. Paulo, a trouvé lundi 5 octobre à La Havane des bodegas fermées ou remplacées par des « marchés de quartier ». Ces derniers jours, les Cubains n’ont rien pu acheter avec le carnet, sans que le gouvernement reconnaisse sa disparition. Instauré par Fidel Castro en 1963, le système coûtait à l’État environ un milliard de dollars par an, selon des chiffres officiels cités par l’AFP.
Selon 14ymedio, une directrice du ministère du Commerce intérieur, Marpessa Portal de Villiers, a précisé mardi sur Radio Rebelde que seules 1913 bodegas, soit 16 % d’un réseau de plus de 12 000, resteront ouvertes pour servir les personnes les plus vulnérables. Toujours selon elle, 47 établissements fonctionnent pour l’instant comme marchés de quartier, alors que l’AFP en comptait 24. Ils vendent une vingtaine de produits de base à des prix censés être de 10 à 15 % inférieurs à ceux du privé, mais que des clients interrogés par l’AFP jugent très proches. En juin, le Premier ministre Manuel Marrero avait annoncé vouloir subventionner « les personnes vulnérables » plutôt que les produits.
Charbon : la Haute Cour invalide l’extension de la mine de Mount Pleasant, faute d’examen des émissions à l’export
La Haute Cour d’Australie a rejeté mercredi 7 octobre, par trois voix contre deux, le recours de MACH Energy et confirmé l’invalidité de l’autorisation d’étendre sa mine de charbon de Mount Pleasant, près de Muswellbrook, dans la Hunter Valley (Nouvelle-Galles du Sud). C’est la première fois que la plus haute juridiction du pays tranchait une affaire touchant au climat, relèvent The Guardian et l’agence AAP. Le projet, approuvé en 2022 par la Commission indépendante de planification de l’État, prolongeait l’exploitation de 22 ans et doublait presque la production annuelle.
Selon la radio locale 2NM, la majorité (juges Gordon, Edelman et Beech-Jones) a estimé que la commission n’avait pas envisagé de conditions pour réduire « autant que possible » les émissions dites de scope 3, celles du charbon brûlé à l’étranger, comme l’exige une politique de planification minière de l’État. Ces émissions représentent environ 98 % du total. Le président Gageler et la juge Jagot ont exprimé une opinion dissidente. La Cour n’a pas jugé le projet sur le fond, et l’affaire retourne devant le Tribunal foncier et environnemental. Le groupe d’habitants Dams Heg, à l’origine de la procédure, parle d’une victoire. MACH Energy se dit déçue mais accepte la décision.
Après la crue de la Rasuwa, la Banque mondiale abaisse la croissance népalaise à 3,7 %
La croissance du Népal devrait ralentir à 3,7 % pendant l’exercice qui s’achèvera mi-juillet 2027, contre 3,9 % l’an dernier, en raison de la crue du 26 août, selon le rapport de la Banque mondiale publié mardi 6 octobre à Katmandou. L’industrie sera le principal frein, du fait des dégâts subis par les centrales hydroélectriques et solaires, le réseau électrique et les routes. Selon The Kathmandu Post, les dommages physiques directs atteignent 1,66 milliard de dollars, dont 83 % pour les infrastructures. Douze projets hydroélectriques ont été touchés, et quelque 430 mégawatts de capacité de production et de transport ont été affectés, soit 10,6 % du parc hydroélectrique et solaire installé.
Plus de 55 kilomètres du corridor commercial de 82 kilomètres entre Galchhi et Rasuwagadhi ont été endommagés, dont 40 entièrement emportés. Ce passage est le principal point d’échange avec la Chine : il assure 47,3 % des exportations népalaises vers ce pays. Le gouvernement chiffre les besoins de reconstruction à environ 4,8 milliards de dollars. La Banque mondiale prévoit un rebond à 5,2 % l’exercice suivant, porté par la reconstruction. Au 26 septembre, la crue avait fait 1453 morts et 5285 disparus, selon l’autorité nationale de gestion des catastrophes citée par The Kathmandu Post.
Philippines : le chômage reflue à 5,3 % en août, mais reste bien au-dessus de 2025
Le taux de chômage est retombé à 5,3 % en août, après un pic de plus de quatre ans à 6 % en juillet, a annoncé mercredi 7 octobre l’Autorité philippine de la statistique (PSA), citée par Inquirer et BusinessWorld. Le pays compte 2,77 millions de chômeurs, contre 3,14 millions en juillet et 2,03 millions (3,9 %) en août 2025. Selon Rappler, l’agriculture et la sylviculture ont ajouté environ 847 000 emplois sur un mois, alors que l’industrie manufacturière est tombée à 3,16 millions d’emplois, contre 3,43 millions en juillet.
Argentine : Buenos Aires promet d’empêcher l’exploitation pétrolière au large des Malouines
Le ministre argentin des Affaires étrangères, Pablo Quirno, a affirmé lundi 5 octobre à Buenos Aires, devant l’ambassadeur britannique David Cairns, que son gouvernement empêcherait l’exploitation des gisements pétroliers au large des Malouines, rapportent The Guardian et Escenario Mundial. Il vise le projet Sea Lion, dans le bassin nord des îles. Le 28 septembre, le président Javier Milei avait donné deux semaines au Royaume-Uni pour l’arrêter, faute de quoi l’Argentine engagerait un arbitrage au titre de la convention de l’ONU sur le droit de la mer. Pablo Quirno a aussi averti les tiers qui contribueraient à cette exploitation.