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Laos : des avions d’attaque légers repérés sur la nouvelle base sino-laotienne de Ban Keun
Des images satellite prises le 30 septembre, au lendemain de l’annonce par Pékin d’un « centre de soutien et d’entraînement » commun à Ban Keun, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Vientiane, montrent huit avions d’attaque légers et plus de deux douzaines de véhicules militaires près d’une piste encore en chantier, a révélé l’agence Reuters mardi 6 octobre.
Les clichés, fournis par l’opérateur commercial Vantor, montrent huit appareils que les analystes Collin Koh et Alexander Neill, basés à Singapour, identifient comme des Hongdu JL-8, connus à l’export sous le nom de K-8. Ce biplace d’entraînement, développé conjointement par la Chine et le Pakistan, peut aussi emporter des bombes. Les armées de l’air chinoise et laotienne en utilisent. Selon l’Institut international d’études stratégiques (IISS) de Londres, le Laos n’en possède que quatre, dont Collin Koh juge l’état de service « douteux ». Ni Reuters ni les analystes n’ont précisé à quelle armée appartiennent les appareils photographiés. Les images montrent aussi d’importants travaux, qui semblent viser un allongement de la piste. Selon The Guardian, celle-ci pourrait alors accueillir des avions plus gros, comme des bombardiers.
Le ministère chinois de la Défense avait annoncé le 29 septembre l’ouverture du centre, destiné selon lui à « aider le Laos à renforcer la formation des pilotes de son armée de l’air » et « dirigé contre aucune tierce partie ». D’après le Laotian Times, qui cite le journal de l’Armée populaire lao, le centre fonctionnera à côté de l’Académie aéronautique de l’amitié Chine-Laos et sera exploité conjointement par les deux pays. Pékin affirme qu’il n’accueille pas de troupes chinoises autonomes, sans dire quels personnels ni quels appareils y seront stationnés. Le gouvernement laotien ne s’est pas exprimé, relève The Guardian. Hors de ses îles de la mer de Chine méridionale, la Chine ne dispose que d’une base logistique navale à Djibouti. Elle a ouvert en 2025 un centre comparable sur la base navale cambodgienne de Ream, qui n’a pas de piste.
Le porte-parole du ministère thaïlandais de la Défense, le contre-amiral Surasant Kongsiri, a qualifié d’« droit souverain » de Vientiane l’autorisation d’une base chinoise, tout en précisant que la Thaïlande suivrait « de près » la suite. Selon The Nation (Bangkok), l’aéroport de Ban Keun, alors appelé « Lima Site 44 », servait dès 1968 aux hélicoptères d’Air America, compagnie détenue en secret par la CIA, qui y transportaient des troupes hmong. Le cercle de réflexion américain Institute for the Study of War y voit la « première installation militaire de l’Armée populaire de libération à l’étranger centrée sur la puissance aérienne », sans capacité, à ce stade, de mener des opérations de combat majeures.
Sources : Taipei Times (Reuters), 07.10.2026 · The Guardian, 07.10.2026 · The Nation, 07.10.2026 · Laotian Times, 30.09.2026
Équateur · Justice · Andes
Bateaux coulés par l’armée américaine : une juge équatorienne acquitte 32 pêcheurs
Une juge équatorienne a déclaré innocents mercredi 7 octobre 32 membres d’équipage de deux bateaux de pêche interceptés puis détruits par des militaires américains dans le Pacifique, rapportent Primicias et Expreso, d’après l’agence EFE. Huit marins du Conquista II et 24 du María Candelaria étaient poursuivis pour association de malfaiteurs, soupçonnés d’avoir aidé le narcotrafic. Selon leur avocat, Juan Alvia, la juge a conclu que le parquet n’avait pas prouvé que les bateaux ou leurs équipages avaient commis un acte illicite : « Il n’y avait pas de délit. » Le parquet n’a produit aucun rapport américain visant ses clients, a-t-il ajouté. Le jugement, de première instance, peut faire l’objet d’un appel.
Selon Primicias, le Conquista II a été intercepté et détruit le 2 septembre, le María Candelaria le 5, après que les forces américaines eurent retiré les équipages. Ils font partie des huit bateaux coulés entre le 28 août et le 16 septembre lors d’opérations américaines menées en coopération avec Quito. Le Commandement Sud des États-Unis affirme qu’ils servaient de stations flottantes de ravitaillement pour des vedettes de la drogue liées aux Choneros, le plus ancien groupe criminel du pays. C’est le premier de trois procès visant 88 marins de cinq de ces bateaux. Le deuxième, pour 46 personnes, devait s’ouvrir jeudi ; le troisième, pour dix, a été reporté au 20 octobre. Human Rights Watch avait demandé vendredi à Washington et à Quito de rendre publique la base légale de ces frappes, rappelle El Tiempo.
Sources : Primicias, 07.10.2026 · Expreso (EFE), 07.10.2026 · Ecuadorinmediato, 08.10.2026 · El Tiempo, 07.10.2026
Afrique du Sud · Économie · Afrique australe
Conserverie de Tulbagh : le gendarme de la concurrence veut faire annuler la fusion Premier-RFG
La Commission sud-africaine de la concurrence a demandé mardi 6 octobre au Tribunal de la concurrence de révoquer l’autorisation, accordée sous conditions le 6 mars, de la fusion entre le groupe agroalimentaire Premier et RFG Holdings (ex-Rhodes Food Group), une opération de 6,5 milliards de rands. Selon son communiqué du 7 octobre, les deux sociétés avaient assuré avant le feu vert n’envisager la fermeture d’aucune usine. En juillet, quatre mois après la fusion, Premier a pourtant annoncé vouloir fermer la conserverie de fruits de RFG à Tulbagh, dans le Cap-Occidental. L’enquête, ouverte notamment sur plainte du syndicat du textile et de l’habillement Sactwu, a conclu que les deux groupes en avaient discuté avant l’autorisation, sans le signaler.
Cette conserverie est l’une des deux seules du pays. Elle emploie plus de 400 personnes, sans compter des milliers de saisonniers, et sert de débouché à quelque 200 producteurs de fruits, selon la Commission. Sa fermeture laisserait Langeberg Foods seule sur le marché, « créant de fait un monopole », a déclaré la commissaire Doris Tshepe, citée par Moneyweb et Business Day. Premier conteste toute infraction. D’après Daily Maverick, le groupe affirme avoir décidé la fermeture des mois après la fusion, à cause de l’effondrement de la demande mondiale de fruits en conserve (90 % de la production part à l’export), et souligne que la plupart des salariés ont accepté des départs volontaires. Si le Tribunal révoque l’autorisation, Premier devra défaire l’opération. En cas d’infraction, l’amende peut atteindre 10 % du chiffre d’affaires, soit un peu plus de 2,1 milliards de rands, calcule Daily Maverick.
Sources : Commission de la concurrence, 07.10.2026 · Moneyweb, 07.10.2026 · Business Day, 07.10.2026 · Daily Maverick, 07.10.2026
Canada · Santé · Amérique du Nord
Aide médicale à mourir : Ottawa renonce à l’ouvrir aux personnes atteintes uniquement d’une maladie mentale
Le ministre canadien de la Justice, Sean Fraser, a annoncé mercredi 7 octobre que le gouvernement libéral déposerait cet automne un projet de loi excluant « pour une durée indéterminée » de l’aide médicale à mourir les personnes dont la seule condition médicale invoquée est une maladie mentale. Cet élargissement, prévu par la loi de 2021 et déjà reporté deux fois, devait entrer en vigueur le 17 mars 2027. « Même s’il n’y a pas de consensus parfait sur cette question, nous pensons que c’est la bonne approche en ce moment », a-t-il déclaré, selon CBC et l’agence AP. Il invoque l’absence de consensus médical sur le moment où une maladie mentale peut être jugée irrémédiable, ainsi que l’accès insuffisant aux soins de santé mentale. Un comité mixte du Parlement l’avait recommandé en juin.
Le même texte doit dépénaliser les demandes anticipées, qui permettraient à une personne atteinte d’une maladie appelée à la priver de sa capacité de consentir, comme Alzheimer, de demander l’aide à mourir tant qu’elle en est capable. Chaque province déciderait de les autoriser ou non, selon le National Post, qui note que l’Alberta les a déjà interdites. Le Québec est aujourd’hui la seule juridiction à les admettre, relève The Guardian. Sean Fraser a fait son annonce avant que le texte soit prêt, pour expliquer l’opposition du gouvernement à une proposition de loi conservatrice (C-218) jugée trop large dans sa définition des troubles mentaux. Elle a été rejetée mercredi en deuxième lecture, selon iPolitics. D’après les derniers chiffres fédéraux cités par The Guardian, 95,6 % des aides médicales à mourir concernent des personnes dont la mort naturelle était « raisonnablement prévisible ».
Sources : CBC, 07.10.2026 · AP, 07.10.2026 · National Post, 07.10.2026 · iPolitics, 07.10.2026 · The Guardian, 07.10.2026
Brèves
Pakistan : accord technique avec le FMI, qui pourrait débloquer 1,2 milliard de dollars
La mission du Fonds monétaire international dirigée par Iva Petrova a annoncé mercredi 7 octobre un accord au niveau des services avec le Pakistan, à l’issue de discussions menées à Karachi et Islamabad depuis le 23 septembre, rapportent 24 News HD et DW. S’il est approuvé par le conseil d’administration du FMI, il donnera accès à environ 1 milliard de dollars au titre du mécanisme élargi de crédit et à 210 millions au titre de la facilité pour la résilience et la durabilité, portant le total versé par ces deux programmes à quelque 5,7 milliards. Selon le FMI, la croissance a atteint 4 % sur les trois premiers trimestres de l’exercice 2026 et l’inflation est retombée à environ 10,3 % en septembre. Dawn rapporte que le Fonds n’a pas encore validé un projet de tarif électrique modulé pour l’industrie, et qu’Islamabad attend le versement d’ici quatre à cinq semaines.
Sources : 24 News HD, 08.10.2026 · DW, 08.10.2026 · Dawn, 08.10.2026
Japon : les quatre grands brasseurs perquisitionnés, soupçonnés d’entente sur les prix
La Commission japonaise de la concurrence a perquisitionné mercredi 7 octobre Asahi, Kirin, Sapporo et Suntory, qui détiennent plus de 90 % du marché de la bière, rapportent la NHK et l’agence Jiji. Ils sont soupçonnés d’avoir coordonné pendant plusieurs années le calendrier et l’ampleur des hausses de leurs prix de livraison aux grossistes, pour la bière et les boissons de type bière. Selon des sources citées par la NHK, des cadres se seraient concertés en marge des réunions mensuelles de l’Association des brasseurs du Japon. Les quatre groupes avaient relevé leurs prix en même temps en octobre 2022 et en avril 2025. La commission envisage de saisir le parquet, selon Jiji. Les entreprises disent coopérer, selon The Japan Times.
Sources : NHK World, 07.10.2026 · Jiji Press, 07.10.2026 · The Japan Times, 07.10.2026