Quotidien suisseVendredi 16 octobre 2026Édition du matin, internationale
Prochaine publication le 16 octobre 2026 à 13h
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Sénégal : plus de 320 arrestations pour « actes contre nature » depuis février, selon Human Rights Watch
Human Rights Watch (HRW) documente, dans un rapport publié le 12 octobre, une répression croissante contre les personnes LGBTI au Sénégal : plus de 320 personnes ont été arrêtées et détenues depuis février pour « actes contre nature », selon le HIV Justice Network cité par l’ONG et par The Guardian. Parmi elles, au moins 84 ont aussi été inculpées de « transmission volontaire du VIH » sur la seule base de leur statut sérologique. Des tests VIH forcés, la publication de noms dans les médias et la réticence d’avocats à défendre les prévenus figurent parmi les faits rapportés.
Le 11 mars, l’Assemblée nationale a modifié l’article 319 du Code pénal : la peine maximale pour relations sexuelles consenties entre personnes de même sexe passe de cinq à dix ans de prison, et la « promotion » de l’homosexualité ou le soutien à des personnes ou organisations LGBTI sont désormais punis jusqu’à sept ans de prison et d’une amende de 500 000 à 5 millions de francs CFA. Le président Bassirou Diomaye Faye a promulgué la loi fin mars. Larissa Kojoué, chercheuse de HRW, estime que les personnes concernées « sont contraintes de restreindre leurs activités normales » par peur de l’arrestation et de la stigmatisation.
La répression s’est poursuivie en octobre : la police de Tambacounda a annoncé, le 12 octobre, l’arrestation de 35 personnes pour homosexualité, rapporte 76 Crimes en s’appuyant sur la presse locale ; 13 d’entre elles auraient été déclarées séropositives, dont trois seulement sous traitement. HRW indique n’avoir reçu aucune réponse à ses questions adressées le 29 septembre aux autorités sénégalaises. Le Sénégal doit accueillir les Jeux olympiques de la jeunesse fin octobre à Dakar.
Manille : Marcos convoque l’ambassadeur chinois après des propos sur le « recours à la force »
Le président philippin Ferdinand Marcos Jr a déclaré vendredi 16 octobre qu’il convoquerait l’ambassadeur de Chine, Jing Quan, après des propos tenus la veille devant des journalistes à Manille. Jing avait déclaré que les Philippines devraient se sentir « assez chanceuses » d’avoir la Chine pour voisine : « Si nous voulons recourir à la force, nous pouvons facilement gagner. Mais non, nous n’utiliserons pas la force. Nous aimons la paix. » Marcos a jugé que cela « ressemble beaucoup à une menace » et qu’« une discussion entre l’ambassadeur et moi-même » s’impose, rapporte Rappler.
Le ministère philippin des Affaires étrangères avait déjà qualifié jeudi soir ces mots de « menace à peine voilée » et d’« un mauvais choix de mots », selon un communiqué relayé par son porte-parole pour la mer de Chine occidentale, Rogelio Villanueva Jr. L’ambassade de Chine a répondu vendredi en accusant Manille de « citation sélective et de surinterprétation ». Ce serait la deuxième convocation de Jing par Marcos depuis sa prise de poste fin 2025, après celle de juillet liée à un incident à Ayungin (Second Thomas) Shoal.
Mexique : la zone sans filets maillants pour la vaquita réduite de 86 %
Le gouvernement mexicain a publié cette semaine au Diario Oficial de la Federación un accord qui réduit d’environ 86 % la zone où les filets maillants sont interdits dans le haut golfe de Californie, pour protéger la vaquita marina (Phocoena sinus), le plus petit marsouin du monde. La surface passe d’environ 11 106 km² (accord de 2020) à 1 562 km², selon des chiffres repris par la gouverneure de Basse-Californie, Marina del Pilar Ávila, et confirmés par Infobae et Reuters. La présidente Claudia Sheinbaum a défendu jeudi 15 octobre l’équilibre entre biodiversité et revenus des pêcheurs de San Felipe, qui « vivent là depuis des générations ».
Les scientifiques estimaient l’an dernier qu’il ne restait qu’environ 7 à 10 vaquitas. Gerardo Ceballos, biologiste à l’UNAM, cité par Reuters, juge que réduire la zone sans capacité réelle de contrôle revient à « céder à des pressions » et redoute l’extinction. Les autorités disent s’appuyer sur le Comité international pour le rétablissement de la vaquita et maintenir une « zone de tolérance zéro » stricte, avec suivi satellitaire des bateaux.
Colombie : l’ONU estime que le décret 1525 sur les manifestations peut faciliter le recours à la force
Le bureau en Colombie du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a averti jeudi 15 octobre que le décret 1525 du 13 octobre, signé par le président Abelardo de la Espriella, peut faciliter l’usage de la force policière lors des manifestations, rapporte l’EFE. Le texte modifie le protocole de 2021 : il permet d’agir contre des actes violents sans attendre la fin du dialogue avec les manifestants, tout en maintenant l’interdiction des armes à feu et la non-intervention des forces militaires, selon la présidence colombienne.
L’ONU critique notamment les conditions pour clore le dialogue, la définition large des actes de violence (y compris des menaces) et les critères d’intervention contre les blocages routiers. Elle rappelle que l’Observation générale 37 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques exige que la force, y compris les armes « moins létales », reste un dernier recours après épuisement des moyens non violents. Bloquer une voie n’en fait pas automatiquement une manifestation violente, souligne le document.
Philippines : Macacua obtient une coalition de 46 députés avant l’élection du chef de l’exécutif bangsamoro
Quarante-six membres du nouveau Parlement bangsamoro ont signé un accord de coalition en faveur du ministre en chef par intérim Abdulraof Macacua, au-delà des 41 sièges nécessaires sur 80, rapporte Rappler vendredi 16 octobre. Le Parlement issu du scrutin du 14 septembre — premier vote parlementaire régulier de la région autonome — siégera le 30 octobre pour élire le chef de l’exécutif. Le Bangsamoro Federalist Party de Macacua a obtenu 31 sièges, devant l’United Bangsamoro Justice Party (30) de Ahod « Al Haj » Murad Ebrahim. Le président Marcos a salué jeudi cette majorité tout en rappelant le respect de l’autonomie régionale.
Afrique du Sud : le ministre de l’Agriculture appelle à des restrictions d’eau face à un « super El Niño »
Willie Aucamp, ministre sud-africain de l’Agriculture, a averti mercredi 14 octobre, en marge du congrès AgriSA à Irene, qu’un « super El Niño » risque de rendre novembre, décembre et janvier « très chauds et secs » dans la zone de pluies d’été, malgré les précipitations de septembre. Il demande aux municipalités d’anticiper des restrictions d’eau plutôt que d’attendre un décret de catastrophe, rapporte le Daily Maverick. El Niño est jugé parmi les plus forts enregistrés et pourrait durer au moins jusqu’en février. Le comité d’estimations des cultures doit publier le 27 octobre sa première projection pour les céréales d’été.
France : des blessures « de guerre » chez des lycéens lors des blocages scolaires, selon des avocats
Alors que le mouvement lycéen entre dans sa quatrième semaine, des avocats et ONG dénoncent des blessures graves infligées par des armes de police. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a indiqué au Sénat que 36 enquêtes internes portaient sur des allégations de violences, dont quatre enfants « mutilés » par des armes explosives, rapporte The Guardian. À Lens, Evan, 15 ans, a perdu une main dans l’explosion d’une grenade assourdissante le 5 octobre ; à Saint-Ouen-l’Aumône, Eden, 14 ans, a subi de graves blessures faciales après un tir de lance-grenades. Un policier a été suspendu et mis en examen dans ce second dossier.