Quotidien suisseVendredi 4 septembre 2026Édition du matin, internationale
Prochaine publication le 4 septembre 2026 à 17h
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L’Iran dit avoir frappé des bases américaines au Koweït et aux Émirats
Téhéran affirme avoir ciblé jeudi, avec missiles et drones, la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït et la base al-Minhad aux Émirats arabes unis, malgré les mises en garde de Donald Trump. Le Koweït dénonce une « agression » ; les combats ont repris dimanche après un mois d’accalmie, autour du détroit d’Ormuz.
Selon un communiqué militaire iranien relayé par la télévision d’État et rapporté par la RTS, swissinfo/ATS et Le Monde, l’armée a visé « au moyen de missiles et de drones les systèmes de communication par satellite, les dépôts d’équipement et les hangars d’avions de combat » sur la base Ahmad al-Jaber. Aux Émirats, ce sont notamment les systèmes radar américains sur la base al-Minhad qui auraient été ciblés. L’agence IRNA a évoqué des dégâts aux communications et aux hangars ; l’armée iranienne a présenté ces tirs comme la 31e étape de l’opération « Saegheh » (« foudre »).
Des sirènes ont retenti jeudi matin au Koweït, où les défenses aériennes ont intercepté missiles et drones, selon Le Monde. Le ministre de la Défense koweïtien a parlé sur X d’une « agression iranienne caractérisée » ; le pays s’est dit inquiet d’une « menace directe » à sa sécurité, dénonçant une « ignoble agression iranienne » (RTS / swissinfo).
Après un mois d’accalmie, les affrontements ont repris dimanche à l’initiative de l’armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d’être tirées dans le détroit d’Ormuz, voie stratégique pour le commerce d’hydrocarbures. Téhéran affirme riposter « en réponse aux crimes commis par l’Amérique contre le peuple iranien ». Au moins 19 personnes, dont sept militaires, ont été tuées en Iran dans des bombardements américains dans la nuit de mardi à mercredi, selon les sources iraniennes reprises par la RTS. Quatre d’entre elles ont péri lors d’une attaque visant un mariage dans le district de Sirik (sud-est), où près de 70 personnes ont été blessées.
Donald Trump a averti que les États-Unis restaient prêts à frapper « à tout moment », alors que les négociations pour mettre fin au conflit sont dans l’impasse. L’Iran a prévenu Washington d’une « nouvelle stratégie » destinée à « briser les fondements » de l’ennemi, sans en détailler les contours, et a mis en garde « tout pays coopérant avec l’armée américaine ».
Frappe sur un mariage en Iran : Washington enquête, analyse Reuters d’un tir direct
Le vice-président américain JD Vance a indiqué jeudi que les États-Unis menaient une « enquête approfondie » sur la frappe meurtrière visant une cérémonie de mariage dans le sud de l’Iran, tout en se disant « extrêmement sceptique » face au récit des médias d’État iraniens (TF1 Info). Selon la télévision iranienne citée par Reuters, le bilan est passé à cinq morts après le décès d’une femme de 22 ans à l’hôpital ; près de 70 personnes auraient été blessées.
Une analyse d’experts en armement publiée par Reuters, à partir d’images et de vidéos vérifiées, conclut que l’explosion survenue mardi à Kuhestak (comté de Sirik) résulte vraisemblablement d’un impact direct d’une munition américaine, et non d’un ricochet. Trois des quatre experts consultés estiment que l’arme était probablement américaine ; l’un d’eux évoque un possible tir manqué. Washington n’a pas revendiqué l’incident. L’armée américaine dit être au courant des reports iraniens et affirme ne « jamais cibler de civils ». Un responsable américain anonyme a évoqué plusieurs scénarios, y compris un ricochet ou un intercepteur erratique.
Des funérailles se sont tenues jeudi après-midi près de Kuhestak. L’Iran dénonce un « crime de guerre » et promet des représailles. Les frappes américaines de mardi ont, selon Washington, visé des cibles militaires le long de la côte, en réponse à des attaques iraniennes sur le trafic dans le détroit d’Ormuz.
Ormuz : Washington évoque ~40 navires escortés, les données de trafic divergent
Deux responsables américains ont indiqué à CNN que 40 navires commerciaux, transportant quelque 18 millions de barils de pétrole, avaient franchi le détroit d’Ormuz sous escorte militaire américaine mardi — un record en temps de guerre, selon Al Jazeera. Donald Trump avait évoqué lundi une trentaine de navires par nuit aidés par la marine américaine, et affirmé que la voie était « sous contrôle » des États-Unis. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a parlé d’« au moins 10 millions de barils » par jour passant le détroit, avec 15 à 17 millions lundi.
Les données de suivi maritime peignent un tableau différent. Selon la société Kpler citée par Al Jazeera, six navires ont traversé mercredi, onze mardi et cinq lundi, pour une moyenne sur dix jours d’environ 13 unités par jour. Lloyd’s List Intelligence fait état d’environ 12 transits quotidiens fin août. Le Joint Maritime Information Center jugeait encore le trafic « très inférieur » à la normale au 1er septembre, avec un risque « sévère » lié aux mines. Des analystes évoquent des méthodes de comptage différentes (inclusion de petits bâtiments, convois « dark » sans balise AIS) pour expliquer l’écart.
Ces échanges de chiffres s’inscrivent dans la reprise des frappes américaines sur le littoral iranien et les ripostes iraniennes contre des bases et actifs américains dans la région, alors que le statut d’Ormuz reste un point mort des pourparlers.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a indiqué que l’Union européenne s’associait à la campagne américaine de pression économique contre l’Iran baptisée « Operation Economic Outcast », selon la presse du 4 septembre. Lancée le 24 août à la demande de Donald Trump, l’opération vise, selon les remarques officielles du Trésor, à couper les « lignes de vie » financières du régime iranien — pétrole, shipping, or, aviation, actifs numériques — et à élargir le risque de sanctions secondaires pour les facilitateurs.
Dans son discours préparé, Bessent a présenté une campagne « sans précédent » contre Téhéran et ses « facilitateurs », avec cartographie des réseaux de contournement, sanctions sectorielles et mise en demeure des partenaires de cesser leurs interactions sous peine d’actions unilatérales américaines. Plus de 60 entités, individus et navires ont été ciblés par l’OFAC au lancement. L’UE, selon les reportings repris ce vendredi, s’engage à travailler avec Washington et les partenaires du G7 pour maintenir la pression, tout en soulignant l’intérêt d’une désescalade régionale ; le détail des mesures européennes n’était pas encore précisé dans ces comptes rendus.
Népal : deux survivants extraits d’un tunnel hydroélectrique après neuf jours
Deux hommes ont été sortis vivants vendredi du tunnel du projet hydroélectrique Trishuli 3A, neuf jours après une crue soudaine qui a dévasté la vallée de la Trishuli, à la frontière népalo-chinoise. La BBC et The Kathmandu Post nomment Sanjaya Shah (ou Sanjay Sah), contremaître mécanique de la Nepal Electricity Authority, et Kabir Maharjan, superviseur mécanique. Tous deux ont été héliportés vers des hôpitaux de Katmandou ; ils présentent des blessures aux mains et aux jambes, éventuellement liées à une progression à travers le tunnel, et des signes de manque d’oxygène.
Les secours avaient entendu des voix tôt vendredi et établi un contact : « Ne paniquez pas, nous sommes là pour vous secourir », avant une réponse faible « okay », selon le député Shri Ram Neupane cité par le Kathmandu Post. Les autorités indiquent à la BBC qu’au moins 39 autres personnes pourraient encore se trouver dans ce tunnel ; plus de 150 personnes restent redoutées piégées dans un réseau de tunnels hydroélectriques de la région. La crue du 26 août a fait au moins 1 200 morts selon la BBC (1 252 selon le Kathmandu Post). Les opérations se poursuivent.
Gloria Steinem, figure du féminisme américain, est morte à 92 ans
La journaliste et militante américaine Gloria Steinem est morte mercredi 2 septembre à son domicile de New York, à l’âge de 92 ans, a annoncé sa fondation. Elle « est partie paisiblement », « entourée de nombreux proches », selon un message relayé par la presse (BBC, AP). Née le 25 mars 1934 à Toledo (Ohio), elle a été l’une des voix les plus visibles du féminisme de la « deuxième vague » aux États-Unis, co-fondatrice notamment de Ms. magazine et de la Women’s Action Alliance.
Journaliste à New York dès les années 1960, elle s’est illustrée par un reportage sous couverture sur les conditions de travail des « Playboy Bunnies », puis comme chroniqueuse et éditrice. Elle a défendu l’égalité salariale, les droits reproductifs, le mariage pour les couples de même sexe, et s’est opposée à la peine de mort. En 2013, Barack Obama lui a décerné la Presidential Medal of Freedom. Sa fondation indique qu’elle a travaillé « jusqu’à la fin » et qu’un mémoire, An Unexpected Life, doit paraître cet automne. Reuters a également rendu compte du décès.