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Quotidien suisse Vendredi 4 septembre 2026 Édition du soir, Suisse

Prochaine publication le 5 septembre 2026 à 8h

Une · Confédération

Patriot : échec des options avec l’Allemagne, Mehrkosten de 1,7 à 4,3 milliards

Urs Loher (armasuisse) confirme vendredi à la SRF que les options envisagées avec Berlin pour accélérer la livraison des cinq systèmes Patriot ont échoué. Les surcoûts se situent désormais entre 1,7 et 4,3 milliards de francs ; une livraison n’est plus attendue avant le début des années 2030.

La Suisse a décidé d’acheter en 2021 cinq systèmes de défense antiaérienne américains Patriot, pour un montant initial d’environ 2 à 2,3 milliards de francs selon les sources (environ 2 milliards selon la SRF ; 2,3 milliards selon Keystone-ATS / LFM). Les premiers systèmes auraient dû arriver cette année. Mais l’an dernier, les États-Unis ont réaffecté la livraison à l’Allemagne, qui avait cédé des Patriot à l’Ukraine et voulait combler rapidement le trou dans sa propre défense.

En juin, le Département fédéral de la défense (DDPS) avait entrevu une porte de sortie : les systèmes destinés à la Suisse ne correspondant pas à la configuration souhaitée par la Bundeswehr, Berne espérait récupérer certains composants via un arrangement avec Berlin et Washington. « Les options envisagées avec l’Allemagne ont échoué et ne peuvent donc pas être mises en œuvre », a déclaré vendredi Urs Loher, chef de l’armement, à la SRF (propos repris par Keystone-ATS / LFM).

Loher n’impute pas de faute à Berlin ni à Washington. Face à la menace, « tout le monde regarde d’abord pour soi ». L’Allemagne a choisi la voie la plus rapide : « Les Allemands veulent reconstituer au plus vite les stocks des systèmes qu’ils ont fournis à l’Ukraine, afin d’assurer la protection de l’Allemagne » (Loher, cit. ATS / LFM).

Le coût grimpe. Selon les recherches SRF confirmées par Loher, un accord avec l’Allemagne aurait limité les Mehrkosten à environ un milliard et permis une livraison dès l’an prochain. Sans cet arrangement, la Suisse reçoit des systèmes produits plus tard, donc plus chers (teuerung et évolutions techniques). « Nous parlons d’une fourchette comprise entre 1,7 et 4,3 milliards de francs » de surcoûts, a indiqué Loher. Dans le « meilleur » cas, le devis initial se rapproche d’un doublement ; dans le pire, d’un triplement (SRF).

Le DDPS doit encore s’entendre avec les États-Unis sur une adaptation ou un nouveau contrat. « Tant que les contrats ne sont pas signés, rien n’est sûr », souligne Loher. Côté calendrier, la livraison est repoussée d’au moins six ans, jusqu’en 2032 au plus tôt. « Nous ne partons pas du principe que ce sera avant le début des années 2030 », a-t-il ajouté (SRF). L’armée suisse reste, de facto, sans couverture contre missiles et missiles de croisière. Le Conseil fédéral veut en parallèle un second système à longue portée (environ 5 milliards prévus ; négociations avec des fournisseurs français, israéliens et sud-coréens), dont l’urgence s’accroît après l’échec allemand.

Sources : SRF, 4.09.2026 · LFM / Keystone-ATS, 4.09.2026 · Urs Loher, armasuisse (propos à la SRF)

Confédération

Bilatérales III : les cantons de Suisse occidentale disent oui

Réunis jeudi à Fribourg dans les locaux de l’entreprise Polytype, les gouvernements de Berne, Fribourg, Genève, Jura, Neuchâtel, Vaud et Valais ont affiché leur soutien au paquet d’accords Suisse–UE. La Conférence des gouvernements de Suisse occidentale (CGSO) juge sa conclusion nécessaire pour garantir à long terme l’accès des entreprises suisses au marché européen (Keystone-ATS / swissinfo).

Depuis l’abandon en 2021 de l’accord-cadre institutionnel, Bruxelles refuse d’actualiser certains accords d’accès au marché. L’évolution du droit européen peut entraîner démarches et coûts supplémentaires pour les firmes suisses ; la CGSO craint une extension de ce blocage, au détriment des exportateurs et des PME. Les Bilatérales III doivent permettre une actualisation régulière (libre circulation, transports, agriculture, reconnaissance mutuelle de normes), avec reprise ciblée du droit européen, maintien des procédures politiques suisses et de la démocratie directe, plus un mécanisme de règlement des différends.

Les cantons insistent aussi sur l’accès aux programmes européens de recherche et de formation (Horizon Europe). Dans une interview au Temps datée de ce vendredi, le président de la CGSO Olivier Curty (Le Centre/FR) rappelle que « les bilatérales ne sont pas tombées du ciel, c’est la Suisse qui les a demandées » et plaide pour stabiliser la voie bilatérale alors que le paquet est débattu aux Chambres. En parallèle, la question du type de référendum (facultatif vs obligatoire à double majorité peuple–cantons) reste ouverte : le Conseil fédéral défend le référendum facultatif ; la CIP-E a déposé l’initiative 26.425 pour ancrer une disposition constitutionnelle imposant le référendum obligatoire.

Sources : swissinfo / Keystone-ATS, 3.09.2026 · Le Temps (Olivier Curty), 4.09.2026 · Conseil fédéral / DFAE, 12.08.2026

Justice

IA et jugements : Mahaim veut garder la décision aux magistrats

Le conseiller national Raphaël Mahaim (Les Vert·e·s/VD), avocat, a déposé début septembre une initiative parlementaire visant à modifier les lois de procédure pour garantir que le processus décisionnel reste en mains des magistrats. Objectif : préserver le « noyau » de la justice — « sa tâche noble » — face à l’essor de l’intelligence artificielle. « Le pouvoir de juger est conféré par des humains à d’autres humains, c’est la base du contrat social », écrit-il, selon Le Temps (4.09.2026, Fati Mansour).

La Suisse n’en est pas aux expérimentations taïwanaises (projets de décisions générés par IA pour certaines infractions) ni au semi-automatisme estonien sur de petites créances civiles. Mais la perspective d’un verdict « robotisé » n’est plus de la science-fiction, souligne le quotidien. Mahaim craint que de seules bonnes pratiques ne suffisent pas à prévenir les abus dans ce domaine sensible, et demande des garde-fous procéduraux explicites.

Le dépôt intervient alors que d’autres dossiers numériques agitent Berne : commissions fédérales jugeant insuffisante la protection contre la discrimination algorithmique, et débats sur l’encadrement des plateformes. L’initiative Mahaim recentre le débat sur le cœur de la fonction judiciaire — qui décide, et sous quelle responsabilité.

Source : Le Temps, 4.09.2026

Confédération

Schengen / EES : fin de l’exception suisse dès lundi

Dès lundi, la Suisse ne pourra plus suspendre temporairement l’enregistrement des voyageurs dans le système européen d’entrée et de sortie (EES). Cette dérogation prend fin dimanche : la Commission européenne a refusé de la prolonger, a-t-elle indiqué cette semaine à Keystone-ATS à Bruxelles (Blick / ATS, 3.09.2026).

Depuis le 10 avril, l’EES enregistre visage et empreintes des voyageurs sans passeport suisse, UE ou EEE ; en Suisse, il s’applique dans les aéroports. Pour limiter les files en cas de pic, les autorités pouvaient jusqu’ici interrompre brièvement la saisie. L’Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (OFDF) dit n’y avoir eu recours que dans de « rares cas » et pour de courtes périodes.

Berne avait demandé en juillet, avec huit États de l’UE, une prolongation de cet assouplissement. Bruxelles a refusé de modifier la législation. Le DFJP reconnaît qu’une prolongation est impossible sous le droit actuel, mais souhaite un réexamen législatif. Selon l’OFDF, la situation s’est améliorée à Bâle et Genève (procédures optimisées, plus de voyageurs déjà enregistrés). La Commission évoque quelque 180 millions de personnes désormais dans l’EES, et 60 000 refus d’entrée, dont 1 700 pour motifs de sécurité.

Source : Blick / Keystone-ATS, 3.09.2026

Économie

Nestlé voit un potentiel pour Cailler à l’étranger

Nestlé pourrait commercialiser la marque Cailler hors de Suisse. Dans une interview vendredi aux journaux du groupe CH-Media, le directeur de Nestlé Suisse, Cédric Boehm, estime que le parc d’attraction chocolaté prévu à Broc (FR) devrait relancer l’intérêt pour la marque bicentenaire. « Je vois là un réel potentiel », a-t-il déclaré (Keystone-ATS / LFM).

La Maison Cailler accueille déjà environ un demi-million de visiteurs par an ; avec le parc, la fréquentation devrait nettement augmenter, selon M. Boehm. La notoriété internationale progresserait au fil des visiteurs étrangers découvrant la marque. Des investisseurs locaux financeraient et réaliseraient le projet : quelque 400 millions de francs, dont la moitié pour le parc et l’autre pour des infrastructures (hôtels, parking souterrain de 700 places, téléphérique).

Selon Nestlé, Cailler est la plus ancienne marque suisse de chocolat encore en activité, avec plus de 200 ans d’histoire (entrée dans le groupe en 1929).

Sources : Nau.ch / Keystone-SDA, 4.09.2026 · CH-Media / Cédric Boehm

Brèves

École : 44 % des pédiatres voient un cas par jour

Selon une étude gfs.bern pour la Fondation Mercator Suisse (469 pédiatres), 44 % sont confrontés au moins une fois par jour à des problèmes scolaires chez l’enfant ; 89 % constatent une hausse au fil de leur carrière. Causes citées : harcèlement, exigences inadaptées, relations avec les enseignants. 95 % estiment qu’une partie des cas serait mieux prévenue par des mesures scolaires (classes moins nombreuses, moins de pression évaluative).

Source : Keystone-ATS / LFM, 4.09.2026

’Ndrangheta : le MPC insiste sur l’ancrage en Suisse

Au troisième jour du procès devant le Tribunal pénal fédéral à Bellinzone, un procureur du Ministère public de la Confédération a affirmé que la mafia calabraise est enracinée en Suisse depuis des décennies, et qu’elle privilégierait la Suisse alémanique au Tessin, jugé « dangereux » pour ses membres. Présomption d’innocence pour l’accusé.

Source : Keystone-ATS / LFM, 4.09.2026